Wihalane

C'est le nom d'un gîte du Haut Atlas Central. Il se situe précisément dans la vallée d'Anergui.
On trouve le nom de cette vallée sur les cartes, mais ne cherchez pas une piste pour y accéder. Celle qui a été achevée voici dix ans n'y figure sur aucune, même pas sur les cartes d'état major. Alors seuls quelques randonneurs accompagnés de guides locaux passent parfois à Anergui.
On peut les compter sur les doigts de la main dans une année. C'est un endroit magique.

La terrasse de terre battue surplombe l'Assif Melloul qui serpente dans la vallée d'Anergui.
Elle fait face, au Sud-Est, à une muraille de roches de près de mille mètres de hauteur.
Au centre, une pyramide granitique culmine : Tagoujimt-n-Ouzdoud, " la queue de pigeon" en tamazight. Elle attire invariablement le regard.

C'est celle-ci que les quatre occupants du gîte regardent en premier. C'est sur celle-ci que les premiers nuages s'accrochent avant de s'effilocher puis de s'évanouir mystérieusement lorsque le temps s'annonce favorable. Mais parfois, c'est aussi sur elle qu'ils s'amoncellent en une masse sombre, frangée de pourpre, annonciateurs d'orages sur Imilchil. C'est une menace qu'on ne prend pas à la légère chez les Aït Sokhmane d'Anergui, isolés dans une région des plus inaccessibles, au coeur de l'Atlas.

Lorsque les orages éclatent sur les hauts plateaux d'Imilchil, la terre n'a pas le temps de s'en nourrir, elle la laisse passer. Ce ne sont pas d'orages dont le sol a besoin, c'est une eau trop pressée, elle dévale les chemins, forme des rigoles, ravine la pente des hamadas pour s'engouffrer dans les akkas. S'ensuit un processus complexe et irréversible, d'innombrables ruissellements se rejoignent, enflent en petits torrents, descendent dans les vallées pour atteindre irrémédiablement les oueds.

C'est ainsi que gonfle l'assif Melloul. Il peut se contenter de rougir de colère, ses flots colorés des terres pourpres des djbels, mais il peut déchaîner sa fureur et répandre la terreur tout au long de son cours : cultures saccagées, ponts emportés, hélas aussi des morts. Il y a trois semaines, une vague de trois mètres de haut a déboulé, ange exterminateur, dans le village d'Anergui. Dans un fracas apocalyptique, elle a tout balayé, dévastant le souk, emportant dans sa déferlante un gamin et son mulet. Le corps du malheureux fut retrouvé plusieurs kilomètres en aval, le mulet prisonnier des branches d'un noyer.

Chaque année des maisons ou des bergeries de la vallée sont détruites, fragiles constructions de pisé, qui n'offrent que peu de résistance aux eaux tumultueuses de la rivière en furie. Alors leurs occupants rebâtissent un peu plus loin, un peu plus haut, à regret car il est source de vie, pour lui échapper quand il se transforme en imprévisible prédateur.

Maintenant, c'est cette rivière que les quatre hommes du gîte observent. Elle est calme pour le moment, claire ou presque, à peine un peu jaunâtre. Elle occupe, sage, son lit habituel.
Hier, teintée de sang, elle était menaçante. Elle avait commencé à charrier les boues rouges arrachées à la terre de l'Atlas. Allait-elle s'en tenir là ? Dieu merci, ce n'était qu'un avertissement. Elle n'a pas enflé, comme il y a huit jours, venant inquiéter le Toyota en panne, immobilisé sur sa rive.

Ce soir là, l'orage avait grondé derrière " la queue de pigeon ". Il avait déversé quelques gouttes de pluie sur la vallée, détrempant le sol de terre glaise lie de vin de la terrasse du gîte. Une terre qui s'accroche à la semelle des chaussures des "roumis" qui sont venus surveiller, inquiets, l'augmentation du débit de la rivière. Lorsque la nuit est tombée, à l'abri dans le salon, c'est par le son de l'eau qui ne cesse d'enfler, qu'ils peuvent mesurer la montée du torrent. Leurs regards interrogent Ali le gardien. Il hoche la tête avec une grimace. Ce n'est pas bon signe. Ici, la pluie a cessé, mais qu'en est-il sur Imilchil, à quarante kilomètres ? C'est peut-être le déluge !

Plus tard, dans la nuit, ils sont descendus constater le niveau du fleuve. Il est monté d'au moins deux mètres. Il reste une marge de cinquante centimètres avant qu'il n'atteigne les roues du 4X4. Que faire ? Aucun ancrage solide, arbre ou rocher, ne permet d'assurer le véhicule. Il ne reste qu'à s'en remettre au ciel et aller se coucher.

Le lendemain, ils constatent les dégâts : le Toyota est resté à l'abri des débordements de l'assif, mais des seguias ont été démolies, des petits jardins de maïs, de tomates et de melons ont été inondés, ravinés, les maigres cultures détruites. Il faudra recommencer le travail. Ici on est habitué aux colères du fleuve, on se tait, résigné, fataliste.

Le ciel est redevenu limpide. A l'Est, la montagne se noie dans un halo de brume, que la pluie de la veille a généré. De l'autre côté, on devine l'ascension du soleil, à l'assaut du djbel. Sa lumière grandissante, à la lisière des sommets accentue la nébulosité de la roche. Le contre-jour tamise ses reliefs. Puis une goutte d'or émerge. Un liquide incandescent, qui aveugle et se répand à la cime du cirque. Alors, naissent de longues raies de lumière rectilignes qui plongent dans la vallée, trouant la brume un peu plus épaisse. Derrière, à l'Ouest, au sommet de l'akka qui domine le gîte, un pic triangulaire s'éclaire d'orange vif.

En bas, le village dort, immobile. Il semble d'ailleurs ne jamais sortir de sa léthargie de toute la journée. Existe-t-il un village plus paisible sur terre ? C'est à peine s'il s'anime de temps à autre par la présence d'un troupeau de moutons blancs à tête marron qui descend d'une colline et que suit une bergère. Disciplinés, ils se suivent en file indienne, pointillés blancs sur la terre ocre. Plus difficiles à distinguer, des chèvres folles et espiègles les précèdent, sautant et s'égayant en tous sens. La petite gardienne les rappelle à l'ordre d'un jet de caillou précis. Quelques ânes et mulets sont éparpillés sur les pentes, une longe les retient par un pied, penchés vers le sol à la recherche de la moindre nourriture, eux aussi, comme le village semblent figés. Par instant, l'un d'entre eux paraît se révolter contre sa condition, il lance une plainte déchirante et interminable qui se répercute le long de la vallée. De temps à autres, quelques femmes aux vêtements colorés descendent à la rivière, laver du linge ou puiser de l'eau. Un Berbère, juché sur son mulet, passe sur la piste en direction du souk, que cache une colline.

Tous ces mouvements sont silencieux, tournent au ralenti. Ils fascinent et anesthésient la pensée. Aucun bruit ne vient parasiter la quiétude ambiante, pas de machine, pas de voiture, pas de poste de radio, pas de télé. L'électricité n'atteint pas le village. Même les voix humaines paraissent refuser l'effort de gravir la pente abrupte qui mène au refuge. Les maisons semblent désertées, les aires de battage, inutiles en cette saison, sont vides. Dans les quelques jardins qui bordent la rivière, un semblant d'activité subsiste encore. Seul le bruissement de l'assif parvient au refuge. Quelle meilleure musique pour agrémenter le tableau !

Ces menues scènes pourront paraître bien monotones à certains. Pourtant les "roumis" les contemplent des heures durant, silencieux, sans se lasser, l'esprit bercé par leur lenteur.
Peut-être est-ce la distance qui freine le mouvement des êtres ?

Ils sont là, tous les quatre, assis cote à cote, sur le banc de ciment qui longe le salon. Ou bien ils sont debout, sur le bord de la terrasse, pour mieux observer la rivière. On dirait des vieux, que
la sagesse des années a guéri des besoin d'une activité qui occupe la conscience et qui rassure,
au profit de la contemplation, qui apaise et d'où émane un étrange bien-être. C'est une sensation
trop souvent absente et inconcevable au pays d'où ils viennent, un pays animé d'une fébrilité épuisante et somme toute stérile.

Leurs regards balaient les collines proches sur lesquelles sont accrochées les habitations et les greniers, fouillent les plus petits détails, repèrent les moindres mouvements, s'extasient sur l'admirable façon dont les constructions s'intègrent dans la nature. Chaque maison est bâtie avec la terre sur laquelle elle repose, elle se fond ainsi dans son environnement. Il n'y a que son relief et ses ombres pour la distinguer, avec les trous sombres bordés de chaux blanche de ses ouvertures pour la décorer.

Ainsi, chaque maison possède sa propre teinte, car la terre de l'Atlas possède une richesse d'ocres infinie, d'une subtilité de tons à ravir un peintre. Une évolution du blanc de kaolin aux ocres les plus rouges, aux bruns les plus sombres, en passant par une palette sage de jaunes, avec parfois de légères nuances de verts d'eau. Mais on peut aussi découvrir des couleurs plus insolites, extravagantes même, des aubergine, des parme, des violets, des lilas. Toutes ces teintes évoluent au fil de la journée, en fonction de la couleur du ciel, de la hauteur du soleil, de la chaleur. Les jours de pluie elles se ravivent encore.

Plus loin, derrière ces collines, la masse impressionnante du djbel s'impose : un rempart qui escalade le ciel. Lui, en apparence, nulle vie ne l'anime. Il est trop loin pour qu'on puisse distinguer quelque être, animal ou humain. C'est ce qui fait son mystère, car on imagine dans ses failles, ses grottes, entre ses sommets ou occupant ses vires, toute une faune : renards, chacals, singes et autres, puis des milliers d'oiseaux et d'insectes.

On sait également, mais on ne les voit pas, que des villageois et leur mulet montent presque jusqu'au sommet chercher du bois, au péril de leur vie. Le moindre faux pas et c'est la glissade mortelle !

Cette masse minérale hypnotise les "roumis", un peu de la façon dont fascine la mer, dans laquelle on lit sans le voir, le monde fantastique sous-marin. A la différence, cette montagne est pétrifiée, ou presque, car au gré de la course du soleil, elle modifie son aspect, se creuse, se complique, accouche de nouveaux pics, s'assombrit là, se met à rutiler ici, se ternit ailleurs, revêt trente-six couleurs, jusqu'à des transparences. Mais à l'instar du village elle se meut avec lenteur.

C'est ainsi que les "roumis" attendent chaque jour de sa part de nouvelles transformations, de nouveaux artifices. Et c'est chaque jour un véritable exploit, elle fait des miracles. Ils ne sont jamais déçus.

Ils sont rentrés, harassés, de cette course un peu folle sur les pentes abruptes de Tagoujimt n'Ouzdoud. Une course contre la nuit qui menaçait de les surprendre au beau milieu des éboulis. Harcelés par les crampes, ils ont rejoint le gîte, la sécurité. Maintenant, apaisés, ils ont repris leur emplacement sur le banc de pisé. Qu'importe qu'il fasse nuit, la même fascination les gagne, leur regard converge encore vers l'est, vers l'endroit où ils crapahutaient tout à l'heure.

Dans le silence intense qu'ils s'imposent, ils assistent à la naissance des constellations, c'est toujours un moment émouvant. Puis le ciel s'obscurcit encore derrière la queue de pigeon.
Ce soir est une nuit sans lune et la lisière de la montagne s'efface peu à peu. Ils contemplent la marée montante des astres. Lorsque la nuit s'installe pour de bon, dans le lac d'encre que forme maintenant, à leurs pieds, la vallée, et en réponse à l'apparition des étoiles, éclosent çà et là de minuscules points lumineux. Ce ne sont au début que de petites flammèches vacillantes qui hésitent, puis s'affirment, elles jettent par instant des lueurs franches, révélant un morceau de mur, un cercle de terre battue ou bien le trou d'une fenêtre. Parfois une ombre furtive occulte un instant le feu, ou bien une silhouette frangée d'un rougeoiement attise la braise, lançant au vide une brassée d'étincelles.

Les "roumis" scrutent les ténèbres, sondent l'espace du cirque d'Anergui, leur regard transperce les murs des maisons. Ils imaginent les scènes qui s'y déroulent pour les avoir vécues. Ils savent que le soir, à l'abri des murs en terre des maisons, assis sur des tapis épais de haute laine, on aborde les thèmes où se mêlent religions et vieilles croyances animistes, phénomènes mystérieux, inexplicables, qui ont trait à la maladie, la folie et la mort. On parle de Djinns, de l'esprit des ancêtres, sur un ton réservé, chuchoté, avec crainte de quelque chose, ou pire… de Quelqu'un !

Mais le sujet incontournable, celui qui revient invariablement, c'est la Nature, avec un grand N, la Nature à laquelle on prête une âme, la Nature toute puissante. Une maîtresse bienfaitrice, généreuse… ou vengeresse, imprévisible, capricieuse C'est le sujet majeur, car la nature est Dieu, la mère nourricière, c'est elle qui décide de la vie du Berbère. Les occasions d'en parler ne manquent pas. Les rencontres sont constantes. Impossible de s'ignorer.

Ici tout le monde marche à pied. On se croise à se toucher, sur des sentiers étroits. On offre l'hospitalité à la moindre circonstance, dans les abris sous roches et les bergeries, en partageant l'eau, le thé, le pain trempé dans l'huile d'olive. Les conversations ne tarissent pas sur cette nature dont la vie dépend.

En premier, naturellement, viennent les sources. Elles sont volages, aujourd'hui ici, demain ailleurs, dérangées par la montée de l'assif ou par un éboulis. Quand elles ne disparaissent pas tout simplement pour une raison inconnue. S'ensuit alors l'exode dramatique, l'abandon des terres et des maisons.

Nous sommes montés avec José au Kousser, sur les plateaux qui dominent Anergui, à plus de deux mille cinq cents mètres d'altitude. Nous étions reçus par la sœur d'Ali, le gardien du gîte. Là-haut, la vie est d'une rigueur inconcevable. L'été, durant la journée, règne une chaleur et un vent implacable, qu'aucune végétation n'arrête. La nuit, c'est le froid qui transit, malgré le peu de chaleur que dispense un poêle de fortune fabriqué dans un vieux fût de deux cents litres.
Que dire des hivers sous la neige, totalement coupé du reste du monde. Mais tout cela ne compte pas. Le véritable enjeu, c'est la présence d'une source. Sans elle, pas de vie. Deux se sont déjà taries. Il faut désormais à la famille six heures, une corvée de six heures aller et retour pour rejoindre la plus proche et apporter, à dos de mulet, l'eau pour le besoin des hommes et des bêtes. Si cette dernière disparaît, il faudra tout abandonner, descendre dans la vallée, dans un "pays" qui leur est étranger.

Après les sources, viennent les oueds, les assifs, en tamazight. Ils sont le principal sujet des discussions. Ils baissent avec la sécheresse, alors, se meurent les seguias, elles n'abreuvent
plus les jardins, les arbres fruitiers se déshydratent et périssent. A l'inverse, lorsque ils enflent brutalement, gonflés par un orage, ils sont capables de détruire les plantations, de balayer les fragiles murettes de pierres sèches qui retiennent la terre des terrasses.

On parle des sentiers muletiers, on les recense, on les classe. On en invente qui, dit-on, rejoindraient tel plateau, lieu de pèlerinage, où se tiennent à la disposition du dévot :
théières, verres, plats pour cuisiner. Mais personne n'en est sûr, personne n'y est allé.

On échange des propos sur les pistes, celles des 4X4, elles ne sont pas nombreuses, mais vitales pour les quelques souks qui approvisionnent le pays. Elles aussi sont fragiles, tributaires de cette nature parfois féroce, qui les coupe selon son humeur, à coup de crues et d'éboulement de rochers, condamnant l'accès aux vallées.

Puis on en vient au passé, on évoque les batailles de jadis. Le narrateur se grise de ses propres paroles. Il en devient l'un des héros. L'auditoire fasciné voit son visage se transformer. Les flammes vacillantes des bougies animent les murs de personnages et inventent le décor du récit. Les champions des fractions surgissent, se défient afin d'épargner un carnage général.
" Cette bataille aurait eu lieu au Tizi(…) " dit l'un des hommes présent. " Non, c'était sur le versant Est du Djebel(…), c'est là que les Aït Adiddou auraient enfoui leurs biens avant le combat. On n'a jamais rien retrouvé." dit celui qui verse le thé.

Bientôt les conversations s'enflamment et s'irrationalisent. On parle d'animaux malfaisants, de chats sauvages de la taille d'un gros chien, qui égorgent pour le plaisir canards et agneaux, de la fameuse panthère de Boutferda - La race est déclarée officiellement éteinte depuis plus de trente ans, mais les bergers assurent relever ses traces régulièrement. Juste des traces, car jamais personne ne la voit.

Viennent les bêtes fantastiques, "Bête de Gévaudan" locales, les animaux féroces qui hantent les grottes. Alors on pénètre celles-ci pour les explorer ou s'y mettre à l'abri en prononçant : "Bismilla". Un animal pensant être pris au piège pourrait fondre sur soi. "Bismillah" signifie "Au nom de Dieu" On prononce le mot avec respect, discrètement, pour soi-même, d'une voix presque inaudible, pour se rassurer, pour exorciser, quand on franchit le seuil d'une maison, d'un grenier, quand on s'apprête à manger… Avant toute décision importante.

C'est un pays retranché du monde, de la civilisation moderne, qui n'a pas à attendre d'aide de l'extérieur. Les médecins de ''la plaine'' ne viennent pas jusqu'ici, ils craindraient de rayer la carrosserie de leurs beaux 4X4. De toutes façons on ne pourrait pas les payer. Alors on se fait soigner par des médecines traditionnelles. On fait venir le rebouteux ou le guérisseur d'une tribu voisine. On règle souvent en nature, selon ses ressources. Il est de coutume d'offrir un objet blanc, cela peut-être, par exemple, un simple morceau de sucre. L'hôpital de Beni Mellal refuse d'envoyer des ambulances tout terrain. Sans doute un Berbère n'en vaut pas le coût !

Il reste à la population à se débrouiller seule. Si un malade ou un blessé doit se faire hospitaliser, s'il a quelque argent, il loue lui même un petit Land-Rover, qu'il fera "médicaliser !" à grand renfort de tapis et de coussins. Non, "la plaine" n'envoie aucun secours aux gens de la montagne, en revanche, elle tente de déléguer des "fonctionnaires" : gardes forestiers, gardes chasse, gendarmes. Elle voudrait bien contrôler étroitement le pays.

Les Berbères savent que ce serait la fin de leur identité. Alors, ils réagissent à leur façon, des fonctionnaires subissent les moqueries de la population et démissionnent. D'autres s'avèrent inutiles, les forêts ont disparus, des bergers ont brûlé les grands arbres des plateaux. Désespérés, certains habitants se sont résignés à pratiquer la politique de la terre brûlée !

Les "roumis" ont encore dans les yeux les silhouettes torturées des grands genévriers, dont les branches dénudées et calcinées se tendent désespérément vers l'azur.

Leur regard vient s'apaiser sur les amandiers fleuris de la vallée d'Anergui.

 

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La " plaine" par opposition à la montagne, fief des Berbères.
La " plaine" désigne les régions au Nord de l'atlas, les régions des grandes villes, principalement peuplées d'Arabes, représentant le pouvoir et l'autocratie