Jusqu'au protectorat
la guerre occupait une place prépondérante. L'organisation
de la société, sans cesse menacée par des
ingérences extérieures,
les luttes tribales ou le pouvoir central, était fondée
sur une répartition sexuée, tacite et implicite
des fonctions:
Schématiquement, la femme vivrière et l'homme guerrier.
Les tâches plutôt quotidiennes, répétitives,
étaient du domaine féminin, et du domaine masculin
celles plutôt ponctuelles
qui devaient laisser les hommes relativement disponibles pour
une mobilisation rapide.
A la " pacification ", l'homme qui a perdu sa valorisante
fonction guerrière pour celle, moins noble à ses
yeux, de cultivateur, de marchand ou d'éleveur,
n'a pas pour autant renoncé à sa situation privilégiée.
Alors que cette répartition ne semblait trouver sa légitimité
que dans les conditions de l'époque,
les femmes continuent à assumer seules les besognes familiales.
L'exil des jeunes hommes dans les grandes villes marocaines, ou
même souvent en Europe, recrée parfois les conditions
anciennes.
Mais ce qui constitue aujourd'hui l'essentiel des occupations
masculines c'est surtout le travail de la terre, le ravitaillement
des bergeries d'altitude,
le souk où il tient souvent boutique, et la jemaâ,
instance importante où se débattent et se règlent
encore les problèmes de la communauté,
Tigedjit, terme féminin pour désigner le pilier
central de la tente, symbolisera encore longtemps celle sans qui,
l'abri, la vie ne tient plus :
La femme
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